
# Le saut de la Lézarde : un bassin naturel à découvrir absolument
Au cœur de la forêt tropicale guadeloupéenne, le saut de la Lézarde représente l’un des joyaux naturels les plus spectaculaires de l’archipel. Cette cascade d’une dizaine de mètres, nichée dans un écrin de verdure luxuriante, attire chaque année des milliers de visiteurs en quête d’aventure et de baignade rafraîchissante. Le bassin turquoise qui l’accompagne offre un cadre idyllique pour les amateurs de nature sauvage et d’activités aquatiques. Malgré sa fermeture administrative depuis 2015, ce site continue de fasciner par sa beauté primitive et son caractère authentique. La randonnée qui y mène traverse une végétation dense où résonnent les chants d’oiseaux tropicaux, créant une atmosphère digne des plus grandes aventures cinématographiques. Comprendre les particularités de ce site exceptionnel permet d’en apprécier toute la richesse géologique, écologique et récréative.
Localisation géographique et accès au bassin de la lézarde depuis Petit-Bourg
Le saut de la Lézarde se situe sur le territoire de la commune de Petit-Bourg, en Basse-Terre, au sein du parc national de la Guadeloupe. Cette région volcanique concentre la majorité des cascades et rivières de l’archipel grâce à son relief montagneux et à sa pluviométrie abondante. La cascade se trouve à environ 15 kilomètres du bourg de Petit-Bourg, dans un secteur forestier particulièrement préservé. L’environnement naturel environnant se caractérise par une forêt hygrophile dense, typique des zones tropicales humides d’altitude moyenne.
Itinéraire depuis la RN1 et coordonnées GPS du site
Pour rejoindre le saut de la Lézarde depuis la route nationale 1, il convient d’emprunter la route de la Traversée puis de bifurquer sur la D1 en direction de Vernou. Les coordonnées GPS exactes du point de départ sont approximativement 16.1523° N, -61.5892° W. L’accès se fait via un ancien restaurant désaffecté situé au numéro 11 de la route des Hauteurs de la Lézarde. Un panneau en bois discret indique la direction, bien que le site soit officiellement fermé. La signalétique reste limitée, rendant l’utilisation d’une application de navigation indispensable pour localiser précisément le départ du sentier.
Sentier de randonnée pédestre : niveau de difficulté et durée du parcours
Le sentier menant au saut de la Lézarde s’étend sur environ 500 mètres en descente continue, avec un dénivelé négatif de 80 mètres. La durée moyenne pour atteindre la cascade oscille entre 30 minutes et une heure selon les conditions climatiques et l’expérience des randonneurs. Le terrain présente une difficulté technique modérée à élevée en raison de sa nature argileuse extrêmement glissante. Les précipitations fréquentes dans cette zone maintiennent le sol constamment humide, transformant certaines sections en véritables patinoires naturelles. Le retour, effectué par le même chemin en montée, requiert généralement moins de temps mais davantage d’effort physique. La présence de racines affleurantes offre heureusement des prises naturelles dans les passages les plus raides.
Zones de stationnement disponibles à proximité du départ
Le
stationnement principal se fait le long de la chaussée, en bordure de la route des Hauteurs de la Lézarde, à proximité immédiate de l’ancien restaurant. Il n’existe pas de parking aménagé ni de marquage au sol, ce qui impose de se garer de manière responsable sans gêner la circulation locale. En haute saison touristique, les places peuvent être limitées et les véhicules se succèdent dans un espace restreint. Il est recommandé d’arriver tôt le matin pour trouver une zone de stationnement sûre et éviter les manœuvres délicates sur cette petite route de campagne. Pensez également à ne laisser aucun objet de valeur apparent dans le véhicule, comme pour toute randonnée en Guadeloupe.
Périodes optimales pour éviter la surfréquentation du site
Le saut de la Lézarde étant un site emblématique de Petit-Bourg, il peut connaître des pics de fréquentation, notamment pendant les vacances scolaires et les week-ends en haute saison (décembre à avril). Pour profiter pleinement du bassin naturel dans une atmosphère plus paisible, il est conseillé de privilégier les visites en semaine et d’arriver avant 9 heures. La période de mai à juin, en dehors des grands flux touristiques, offre souvent un bon compromis entre niveau d’eau satisfaisant et affluence modérée. En revanche, la saison des pluies intenses, généralement de septembre à novembre, augmente significativement le risque de crues soudaines et rend le sentier beaucoup plus boueux et glissant. Dans tous les cas, il est primordial de consulter la météo et de renoncer à la balade si des pluies fortes ou orageuses sont annoncées sur le massif de Basse-Terre.
Caractéristiques hydrogéologiques du bassin naturel de la lézarde
Le bassin du saut de la Lézarde présente un intérêt hydrogéologique majeur pour qui s’intéresse aux paysages volcaniques tropicaux. Situé dans une vallée encaissée, ce bassin s’est formé à l’interface entre des coulées volcaniques anciennes et un réseau hydrographique particulièrement actif. La combinaison de la pente, de la nature des roches et de la forte pluviométrie donne naissance à une cascade d’une dizaine de mètres de hauteur alimentant un large bassin circulaire. Comprendre ces mécanismes permet de mieux appréhender les enjeux de sécurité liés aux crues, mais aussi la richesse géomorphologique de ce site emblématique de la Guadeloupe.
Formation géologique volcanique et érosion fluviale
Le saut de la Lézarde s’inscrit dans un contexte volcanique lié au massif de la Soufrière, dont les éruptions anciennes ont déposé d’épais empilements de coulées de lave et de dépôts pyroclastiques. Au fil des millénaires, la rivière Lézarde a entaillé ces formations, sculptant progressivement un lit encaissé et des parois rocheuses quasi verticales. L’action combinée de l’érosion fluviale et des mouvements de terrain a permis la création d’un ressaut rocheux, véritable seuil naturel à l’origine de la chute d’eau. On peut comparer ce processus à une scie qui, année après année, creuserait un sillon dans une planche de bois, jusqu’à créer un décroché net.
Les roches visibles autour du bassin sont principalement des andésites et des basaltes altérés, typiques des édifices volcaniques des Petites Antilles. Leur structure massive, parfois fracturée, favorise la formation de vasques, de cannelures et de petites niches infiltrées par l’eau. L’érosion différentielle, c’est-à-dire le fait que certaines couches résistent mieux que d’autres, explique la présence de surplombs et de plateformes rocheuses autour de la cascade. Ces structures naturelles constituent autant de points d’observation privilégiés, mais aussi des zones potentiellement instables en cas de fortes pluies prolongées.
Profondeur et volume d’eau : données techniques du bassin
Le bassin du saut de la Lézarde présente un diamètre d’environ 20 à 25 mètres, ce qui en fait l’un des plus larges bassins naturels facilement accessibles de Basse-Terre. Les mesures réalisées lors de campagnes hydrologiques locales indiquent une profondeur maximale généralement comprise entre 4 et 6 mètres en période de débit moyen. Les variations saisonnières, mais aussi les épisodes pluvieux ponctuels, peuvent cependant modifier ces valeurs de manière significative en quelques heures seulement. C’est pourquoi les estimations de profondeur doivent toujours être considérées avec prudence lorsqu’il s’agit de sauts ou de plongeons.
Le volume d’eau contenu dans le bassin peut être approximé à plusieurs centaines de mètres cubes, en fonction du niveau de la rivière. Cette capacité relativement importante agit comme un tampon hydrologique, absorbant une partie des débits plus élevés lors des averses. Toutefois, lors d’orages intenses sur les hauteurs du massif, le bassin peut se remplir rapidement et le courant devenir beaucoup plus puissant. Cette dynamique rappelle le fonctionnement d’un réservoir naturel dont le niveau monte et descend au rythme des épisodes de pluie, ce qui impose une vigilance constante pour toute activité aquatique.
Température moyenne de l’eau selon les saisons
La température de l’eau au saut de la Lézarde reste globalement agréable tout au long de l’année grâce au climat tropical de la Guadeloupe. En saison sèche, de décembre à avril, la température oscille en moyenne entre 22 et 25 °C dans le bassin, offrant une sensation de fraîcheur bienvenue après la descente du sentier. En saison humide, de juin à novembre, l’eau peut être légèrement plus tempérée, autour de 24 à 27 °C, en raison des pluies plus fréquentes et d’un moindre refroidissement nocturne. On est loin des eaux thermales, mais la température reste tout à fait adaptée aux baignades prolongées.
Il faut toutefois garder à l’esprit que la sensation de froid peut être accentuée par le manque d’ensoleillement direct au fond du cirque rocheux, surtout lorsque le ciel est chargé ou que la brume se maintient en altitude. Après une averse, l’arrivée d’eau plus fraîche depuis l’amont peut également créer de légers contrastes thermiques à la surface. Pour les personnes plus frileuses, il peut être utile d’anticiper un temps d’adaptation à l’entrée dans l’eau ou, pour les plus équipés, de prévoir un lycra fin qui limite la sensation de refroidissement, en particulier si l’on reste longtemps à nager près de la cascade.
Débit de la cascade et variation hydrologique en période de pluie
Le débit de la cascade de la Lézarde dépend étroitement des précipitations sur le massif de Basse-Terre, où les cumuls annuels dépassent souvent 4 000 mm dans les zones les plus élevées. En période de régime normal, le débit permet une chute régulière et esthétique, avec un rideau d’eau continu tombant dans le bassin. Ce débit moyen assure un renouvellement constant de l’eau et une bonne oxygénation du milieu aquatique. Cependant, comme tout cours d’eau de montagne tropical, la Lézarde réagit très vite aux épisodes pluvieux intenses.
Lors de fortes pluies, le débit peut être multiplié en quelques dizaines de minutes, transformant la cascade en un torrent puissant et bruyant. Le niveau de l’eau monte alors rapidement, les courants deviennent plus forts et les remous au pied de la chute se renforcent. C’est précisément ce phénomène de montée brutale, appelé crue éclair, qui a déjà provoqué des accidents sur le site. Imaginez ouvrir brusquement un robinet à plein débit dans une bassine déjà remplie : l’eau déborde en un instant. Sur le terrain, cela se traduit par un risque réel pour les baigneurs et les randonneurs trop proches du lit de la rivière. D’où l’importance capitale de ne pas sous-estimer les prévisions météo avant de s’engager sur ce type de site.
Activités aquatiques et saut depuis les formations rocheuses
Au-delà de son intérêt paysager, le saut de la Lézarde est réputé pour ses possibilités d’activités aquatiques, en particulier la baignade et les sauts depuis les rochers. Le large bassin circulaire et la hauteur modérée de la cascade en font un terrain de jeu apprécié des amateurs de sensations. Néanmoins, l’absence de balisage officiel et la fermeture administrative du site impliquent de redoubler de prudence. Chaque personne reste entièrement responsable de ses choix, qu’il s’agisse d’une simple baignade près des berges ou de sauts plus engagés depuis les plateformes naturelles.
Hauteurs de saut disponibles : plateformes à 3, 5 et 7 mètres
Autour du bassin, plusieurs formations rocheuses servent de points de départ pour des sauts de différentes hauteurs. Les plateformes les plus basses, situées à environ 2 à 3 mètres au-dessus de l’eau, sont généralement utilisées par les baigneurs souhaitant s’initier aux petits sauts. Elles permettent de se familiariser avec la profondeur et la dynamique du bassin sans prendre de risques excessifs, à condition de vérifier l’absence d’obstacles sous-marins. Un peu plus en hauteur, certaines corniches atteignent 4 à 5 mètres, offrant une dose d’adrénaline supplémentaire pour les plus téméraires.
Enfin, quelques promontoires naturels situés en retrait peuvent culminer autour de 6 à 7 mètres au-dessus du niveau de l’eau, voire légèrement plus selon le niveau du bassin. Ces hauteurs ne sont en aucun cas encadrées ou sécurisées : il n’existe ni échelle, ni plateforme aménagée, ni surveillance. Avant de considérer un saut depuis ces points élevés, il est indispensable d’observer longuement le bassin, de repérer les zones profondes et d’évaluer sa propre condition physique. Vous vous demanderiez sans doute : « Est-ce vraiment raisonnable aujourd’hui ? » : si le doute persiste, mieux vaut renoncer.
Profondeur de réception et zones de sécurité pour la baignade
La profondeur maximale du bassin se situe en général au centre, dans l’axe principal de la chute d’eau, là où le courant a le plus creusé le lit rocheux. C’est dans cette zone que les sauts les plus hauts peuvent, en théorie, être réceptionnés avec le plus de sécurité, sous réserve de conditions hydrologiques stables. Les abords du bassin, en revanche, présentent des fonds plus irréguliers avec des blocs, des reliefs rocheux et parfois des troncs noyés. Les variations de profondeur peuvent être soudaines, passant d’un mètre à plus de trois mètres sur de faibles distances.
Pour la simple baignade, les secteurs les plus adaptés se trouvent généralement en périphérie du bassin, à distance raisonnable du bouillonnement créé par la cascade. Ces zones offrent des eaux plus calmes, idéales pour flotter, nager tranquillement ou accompagner des personnes moins à l’aise dans l’eau. Il est fortement recommandé de sonder la profondeur avec les pieds ou avec un bâton avant de plonger la tête la première, même depuis une faible hauteur. Comme dans tout environnement naturel, le lit du bassin évolue au fil des crues, un peu comme un chantier qui serait réaménagé après chaque gros orage.
Techniques de plongeon et précautions pour éviter les accidents
Pour limiter les risques lors des sauts, plusieurs principes de base doivent être respectés. Tout d’abord, il est conseillé d’effectuer systématiquement un premier saut de repérage depuis une faible hauteur, en position verticale, les pieds en premier. Cette technique permet de vérifier la profondeur réelle et d’identifier d’éventuels obstacles immergés. Ensuite, il est important de maintenir le corps gainé à l’entrée dans l’eau, les bras serrés le long du buste ou croisés sur la poitrine, afin de réduire l’impact et éviter les blessures musculaires ou articulaires.
Les plongeons tête la première, les saltos et autres figures acrobatiques augmentent significativement le risque de traumatisme en cas d’erreur d’angle ou de profondeur mal évaluée. Ils sont donc fortement déconseillés, surtout dans un site naturel non surveillé comme le saut de la Lézarde. Il est également essentiel de s’assurer que la zone de réception est totalement dégagée avant chaque saut : aucun nageur ne doit se trouver en-dessous ou à proximité de la trajectoire. Enfin, la consommation d’alcool ou de stupéfiants est totalement incompatible avec ce type d’activité. En milieu naturel, la meilleure technique de plongeon reste toujours celle qui privilégie le bon sens et le respect de ses propres limites.
Écosystème tropical et biodiversité de la rivière lézarde
La rivière Lézarde et son bassin naturel abritent un écosystème tropical riche et fragile, typique des cours d’eau de moyenne altitude de Basse-Terre. La combinaison d’une eau relativement fraîche, d’une forte oxygénation et d’une végétation dense crée un habitat favorable à de nombreuses espèces animales et végétales. Observer cet environnement, c’est aussi prendre conscience de l’importance de préserver ces milieux, soumis à la fois à la pression humaine et aux aléas climatiques. Chaque passage au saut de la Lézarde peut ainsi devenir une occasion d’apprendre à mieux connaître la biodiversité guadeloupéenne.
Faune aquatique endémique : ouassous et poissons d’eau douce
Parmi les habitants les plus emblématiques de la rivière Lézarde, on retrouve les ouassous, ces grosses crevettes d’eau douce très appréciées dans la cuisine locale. Elles affectionnent les zones où le courant reste modéré, se cachant sous les pierres ou au pied des berges. Leur présence est un bon indicateur de la qualité de l’eau et de la bonne oxygénation du milieu. Avec un peu d’attention, il n’est pas rare d’en apercevoir dans les parties plus calmes de la rivière, en aval du grand bassin.
La Lézarde accueille également différentes espèces de poissons d’eau douce, comme les Dormiteurs (gobies), les Moulou-moulou ou encore quelques espèces introduites. Ces poissons se répartissent selon les micro-habitats : certains préfèrent les zones de courant, d’autres les fonds plus sableux ou les petits remous près des rochers. Sans oublier les nombreux insectes aquatiques, larves de libellules et autres organismes discrets qui participent au bon fonctionnement de la chaîne alimentaire. En observant attentivement la surface de l’eau, on distingue parfois de légers remous ou des éclats argentés trahissant le déplacement furtif de ces habitants discrets.
Flore hygrophile des berges et végétation de forêt humide
Les rives du bassin et le sentier d’accès traversent une forêt hygrophile typique des zones humides de moyenne altitude. On y rencontre de nombreuses fougères arborescentes, des héliconias aux inflorescences colorées, ainsi que la célèbre rose de porcelaine, emblématique des jardins tropicaux mais également présente à l’état semi-sauvage. Ces plantes apprécient particulièrement les ambiances ombragées et constamment humides offertes par les abords de la rivière Lézarde. Leurs larges feuilles participent à la création d’un microclimat frais et humide, très appréciable pour les randonneurs.
La canopée est dominée par des arbres tropicaux tels que les gommiers rouges, les mahoganys ou encore certains palmiers de forêt. Des lianes, mousses et épiphytes colonisent les troncs et les branches, donnant au paysage un aspect presque primaire. L’ensemble compose une mosaïque végétale dense où chaque strate, du sous-bois à la cime des arbres, abrite une biodiversité spécifique. Pour profiter pleinement de cette flore sans la dégrader, il est essentiel de rester sur le sentier principal, de ne pas couper de branches et de s’abstenir de cueillir fleurs ou plantes, même si la tentation d’emporter un « souvenir végétal » peut parfois être grande.
Statut de protection environnementale du site naturel
Le saut de la Lézarde se trouve dans le périmètre du parc national de la Guadeloupe, ce qui lui confère un statut particulier en matière de protection de l’environnement. Le parc a pour mission de préserver les écosystèmes forestiers et aquatiques, tout en permettant une fréquentation raisonnée du public. La fermeture administrative du site depuis 2015 répond d’abord à des considérations de sécurité, mais elle a également pour effet de limiter partiellement la pression humaine sur le milieu. Moins de passages réguliers signifient, à terme, moins d’érosion directe du sentier et moins de déchets laissés sur place.
Ce statut implique aussi le respect d’un certain nombre de règles : interdiction de faire du feu, d’abandonner des détritus, de perturber la faune ou de prélever des éléments naturels (plantes, pierres, animaux). Chaque visiteur contribue, par son comportement, à la conservation de ce patrimoine naturel. On entend souvent dire que « la Guadeloupe est trop belle pour devenir une poubelle » : cette phrase prend tout son sens au saut de la Lézarde, où le caractère sauvage du site dépend directement de la capacité de chacun à minimiser son impact. En adoptant des gestes simples, comme redescendre systématiquement ses déchets ou utiliser une gourde plutôt que des bouteilles jetables, vous participez activement à la préservation de ce joyau naturel.
Équipement requis et consignes de sécurité sur le terrain
En raison du caractère glissant du sentier et de l’absence de dispositif de surveillance, la préparation matérielle et la prudence sont des éléments essentiels avant d’envisager une sortie au saut de la Lézarde. Un équipement adapté permet non seulement de réduire les risques de chute, mais aussi d’améliorer le confort de la randonnée et de la baignade. De nombreuses interventions de secours passées montrent qu’une partie des accidents aurait pu être évitée avec des chaussures adéquates, une meilleure anticipation de la météo et une évaluation réaliste de ses capacités physiques.
Chaussures de randonnée adaptées aux roches glissantes
Le premier élément incontournable pour se rendre au saut de la Lézarde reste une paire de chaussures de randonnée fermées, avec une semelle à crampons offrant une bonne adhérence sur terrain boueux. Les tongs, sandales ouvertes ou baskets lisses sont clairement à proscrire : elles augmentent fortement le risque de glissade sur l’argile détrempée et les racines apparentes. Une chaussure montante, ou au minimum semi-montante, apporte un meilleur maintien de la cheville lors des passages les plus raides et limite les entorses.
Certains randonneurs choisissent également d’emporter une seconde paire de chaussures aquatiques ou des sandales fermées spéciales rivière, à enfiler au bord du bassin pour se déplacer sur les rochers humides. Cette solution peut être intéressante si vous prévoyez de rester longtemps dans l’eau ou de vous déplacer le long des berges. Quoi qu’il en soit, mieux vaut accepter d’avoir les chaussures boueuses et mouillées que de risquer une chute sérieuse faute d’équipement adapté. En milieu tropical, la boue fait partie intégrante du décor : on l’accepte, ou on choisit un autre type de balade.
Matériel de baignade et dispositifs de flottaison recommandés
Pour la baignade dans le bassin, un maillot de bain résistant et, si possible, un t-shirt ou un lycra peuvent être utiles pour se protéger à la fois du soleil (lorsqu’il est présent) et de l’abrasion éventuelle contre les rochers. Les lunettes de natation ne sont pas indispensables, mais elles peuvent améliorer le confort si vous aimez observer la faune aquatique ou rester longtemps sous l’eau. Un petit sac étanche vous permettra de garder vos effets personnels (téléphone, clés, papiers) à l’abri de l’humidité, tant pendant la descente que lors de la baignade.
Pour les personnes peu à l’aise dans l’eau ou pour les plus jeunes qui seraient tout de même présents malgré les recommandations de prudence, un dispositif de flottaison individuel (gilet léger, ceinture ou bouée) peut apporter un surcroît de sécurité. Attention toutefois : ces équipements ne doivent en aucun cas donner un faux sentiment de sécurité dans un environnement non surveillé, où les courants et les remous peuvent surprendre. Mieux vaut toujours rester à proximité des bords et éviter les zones proches de la chute si l’on n’est pas un nageur expérimenté. Enfin, n’oubliez pas une serviette en microfibre et des vêtements secs pour la remontée, d’autant plus agréable qu’elle se fait souvent dans un air légèrement plus frais sous la canopée.
Protocole d’urgence et absence de surveillance officielle
L’un des points essentiels à garder en tête est l’absence totale de poste de secours ou de maître-nageur sur le site du saut de la Lézarde. En cas d’accident, l’intervention des pompiers ou du service de secours en montagne peut prendre du temps, en raison de la difficulté d’accès et de l’isolement relatif du bassin. Il est donc crucial de prévoir en amont une organisation minimale : informer un proche de votre sortie et de votre horaire de retour, conserver un téléphone chargé dans une housse étanche, et connaître les numéros d’urgence locaux (112, 18 ou 15). Dans certaines zones, la couverture réseau peut être partielle : ne comptez pas uniquement sur votre smartphone pour vous tirer d’affaire.
En cas de blessure légère (entorse, coupure, choc), une trousse de premiers secours basique pourra faire la différence en attendant éventuellement une aide extérieure. Elle peut contenir bandages, pansements, désinfectant, bande de contention et quelques antalgiques de base. Face à une situation plus grave (perte de connaissance, suspicion de fracture, crue soudaine), il est impératif de ne pas prendre de risques supplémentaires et de faire appel aux secours le plus rapidement possible. La règle d’or reste la prévention : en milieu naturel non encadré, éviter la prise de risque inutile est souvent la meilleure manière de profiter sereinement du saut de la Lézarde.
Sites naturels alternatifs dans le massif de Basse-Terre
Compte tenu de la fermeture administrative du saut de la Lézarde et de la technicité de son sentier, de nombreux visiteurs recherchent des alternatives plus accessibles ou officiellement aménagées dans le massif de Basse-Terre. Heureusement, l’île regorge d’autres cascades, bassins et randonnées qui offrent des expériences tout aussi mémorables, parfois avec des conditions de sécurité mieux encadrées. Que vous voyagiez en famille, entre amis ou en mode sportif, il existe des sites adaptés à chaque profil, du simple bain en rivière aux itinéraires de randonnée plus engagés.
Parmi les incontournables, on peut citer les chutes Moreau, accessibles depuis Goyave, qui proposent une immersion profonde dans la forêt tropicale avec une longue cascade en récompense. La cascade de Bis, plus confidentielle, offre un cadre sauvage pour les amateurs de lieux moins fréquentés. Le saut des Trois Cornes, au nord de Basse-Terre, séduit par son bassin turquoise et sa hauteur de chute impressionnante, tout en restant dans un cadre de randonnée structuré. Enfin, les très connues chutes du Carbet et la randonnée de la Soufrière complètent idéalement un séjour consacré à la découverte des paysages naturels de Guadeloupe.
Si vous voyagez avec de jeunes enfants ou préférez des accès plus simples, la cascade des Écrevisses, au cœur de la route de la Traversée, constitue une excellente option. Le sentier aménagé, court et balisé, permet de profiter d’une jolie chute d’eau et d’un bassin de baignade sans difficulté particulière. Dans tous les cas, varier les sites visités permet non seulement de répartir la fréquentation sur l’ensemble du massif, mais aussi de découvrir la diversité des milieux aquatiques de Basse-Terre. En choisissant vos itinéraires en fonction de votre niveau et des conditions météo, vous profiterez pleinement des richesses naturelles de l’île tout en adoptant une démarche responsable et respectueuse de l’environnement.